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Nord-Kivu : 1 650 000 cas de paludisme en 2025, un record qui alarme Beni

Plus de 1 650 000 cas de paludisme ont été recensés en 2025 dans la province du Nord-Kivu, une statistique aussi glaçante qu’un accès de fièvre au petit matin. Ce chiffre, rendu public à Beni par le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP Nord-Kivu), interpelle : comment une maladie que l’on croyait mieux contrôlée peut-elle encore frapper aussi durement ?

Lors d’un point de presse tenu le jeudi 14 mai, en marge de la journée mondiale du paludisme célébrée chaque 25 avril, la coordinatrice provinciale Demson Musondoli a posé un diagnostic sans appel. Derrière ces 1 650 000 cas de paludisme se cache un véritable défi de santé publique, alimenté par des conditions environnementales propices à la reproduction du moustique anophèle, ce minuscule vampire volant qui transmet la maladie.

Le paludisme Nord-Kivu, rappelle-t-elle, n’a rien à voir avec la fièvre typhoïde, souvent confondue par la population. « Contrairement à la typhoïde, liée à l’eau contaminée et au manque d’hygiène, le paludisme est directement inoculé par la piqûre d’un moustique femelle », a-t-elle expliqué. Une précision cruciale pour orienter la lutte : éliminer les gîtes larvaires plutôt que se focaliser uniquement sur l’eau de boisson.

Mais pourquoi une telle prévalence ? Le Nord-Kivu cumule facteurs favorisants : climat tropical humide, urbanisation anarchique, accès limité aux soins et, surtout, une méconnaissance persistante des gestes simples. « Un seau abandonné, une flaque d’eau stagnante, c’est un futur contingent de moustiques prêts à semer la maladie », résume un responsable provincial. L’image est frappante, presque domestique, et pourtant elle cache une réalité alarmante : un seul moustique peut infecter plusieurs personnes en une nuit.

La Division provinciale de la santé confirme que cette hécatombe silencieuse constitue un défi majeur. Le paludisme tue, affaiblit, désorganise l’économie familiale. Or, il existe des armes efficaces : moustiquaires imprégnées, pulvérisation intra-domiciliaire, tests rapides et traitements combinés à base d’artémisinine. Alors, pourquoi tant de cas persistent-ils ? La réponse tient souvent dans l’accès : dans les zones reculées de Beni et d’ailleurs, une simple fièvre peut devenir mortelle faute de diagnostic précoce.

La coordinatrice du PNLP Nord-Kivu a martelé un message de prévention : « Nous encourageons la population à assainir l’environnement pour éviter la reproduction et la prolifération des moustiques autour des habitations. » Concrètement, cela signifie drainer les eaux stagnantes, couvrir les réservoirs, nettoyer les gouttières. Autant de gestes qui, couplés au recours rapide aux centres de santé, pourraient faire chuter la courbe des 1 650 000 cas paludisme enregistrés.

Cette journée mondiale du paludisme 2025 aura eu au moins un mérite : remettre la lutte à l’agenda médiatique. Car derrière les chiffres, il y a des visages, des enfants surtout, premières victimes de cette maladie aux allures de fatalité. Et si la clé était justement là, dans une mobilisation communautaire où chacun balaie devant sa porte, où chaque flaque devient une cible ?

Le paludisme Nord-Kivu nous rappelle que le combat est loin d’être gagné. Mais avec une sensibilisation accrue et un engagement collectif, cette province peut inverser la tendance. Le moustique n’est pas invincible ; il a besoin d’eau, de cachettes domestiques. Lui refuser ce biotope, c’est déjà lui déclarer la guerre.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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