L’endométriose peut être évoquée lorsque les douleurs de règles vous empêchent de travailler, d’étudier ou de mener vos activités habituelles. Des douleurs pendant les rapports, à la selle ou en urinant méritent aussi une consultation. En RDC, commencez par un professionnel de santé accessible pour organiser le bilan et, si nécessaire, une orientation en gynécologie. Ce guide vous aide à préparer cette démarche ; il ne remplace pas une consultation.
Reconnaître les symptômes sans conclure seule
L’endométriose est une maladie chronique caractérisée par la présence, en dehors de l’utérus, de tissu semblable à sa muqueuse interne. Elle peut notamment toucher les ovaires et les tissus du bassin, parfois l’intestin ou la vessie. Elle peut provoquer une inflammation et des cicatrices.
L’OMS estime qu’elle concerne environ 10 % des femmes en âge de procréer dans le monde. Ce chiffre ne constitue pas une mesure de sa fréquence en RDC.
- Règles très douloureuses, avec un retentissement sur les déplacements, le sommeil, les études ou le travail.
- Douleurs du bas-ventre, parfois présentes en dehors des règles.
- Douleurs pendant ou après les rapports sexuels.
- Douleurs à la selle ou en urinant, notamment lorsqu’elles reviennent avec les règles.
- Saignements menstruels abondants et fatigue importante.
- Difficultés à concevoir, chez certaines personnes.
Ces signes peuvent aussi avoir d’autres causes, dont des fibromes, une infection pelvienne ou des troubles digestifs. Leur présence ne suffit donc pas à diagnostiquer une endométriose.
Quand consulter en urgence ?
Rendez-vous sans attendre dans un service d’urgence si une douleur pelvienne est très intense ou s’aggrave. Un malaise, une perte de connaissance, des difficultés à respirer ou des saignements vaginaux importants associés à cette douleur sont également des signes d’urgence. Faites-vous accompagner si vous vous sentez faible.
Une douleur pelvienne avec une grossesse possible ou connue nécessite une évaluation urgente. Une fièvre, des vomissements, des pertes vaginales inhabituelles ou une difficulté à uriner associés à cette douleur justifient également une consultation rapide. N’attribuez pas automatiquement ces symptômes à une endométriose, même déjà diagnostiquée.
Préparer votre consultation en RDC
Si vous n’avez pas directement accès à un gynécologue, demandez une première évaluation dans votre structure de soins habituelle et une orientation adaptée. Avant un déplacement pour un examen, demandez au service concerné s’il le réalise, quelle prescription apporter et quel montant prévoir. Demandez aussi si l’équipe évalue habituellement les suspicions d’endométriose.
Apporter des informations précises
- Les dates des règles et des douleurs, leur durée et leur intensité, par exemple sur une échelle de 0 à 10.
- Le retentissement concret : journées manquées, réveils nocturnes, difficultés à marcher ou rapports douloureux.
- L’abondance des saignements et les symptômes urinaires ou digestifs associés.
- Les médicaments et autres produits déjà utilisés, avec leur effet, ainsi que vos anciens comptes rendus.
- Votre souhait éventuel de grossesse et les antécédents d’endométriose chez vos proches.
Vous pouvez noter ces éléments dans un cahier. Il n’est pas nécessaire d’attendre plusieurs cycles pour consulter si vous souffrez déjà. Pour vous aider à décrire votre situation, complétez cette phrase : « La douleur commence à…, dure…, et m’empêche de… ».
Comprendre les étapes du diagnostic
L’entretien et l’examen clinique
Le professionnel vous interroge sur vos symptômes et peut proposer un examen abdominal et un examen vaginal. L’examen intime doit être expliqué et réalisé avec votre consentement. Vous pouvez exprimer vos inquiétudes, demander son interruption et discuter des alternatives s’il n’est pas possible ou acceptable pour vous.
L’échographie et, dans certains cas, l’IRM
Une échographie pelvienne peut rechercher des kystes ovariens et certains signes d’endométriose. Elle peut se faire par le ventre ou par voie vaginale, selon la situation et votre accord. Une IRM peut aider à préciser certaines atteintes, notamment de l’intestin ou de la vessie ; elle n’est pas obligatoire pour toutes les patientes.
Une échographie ou une IRM normale n’exclut pas l’endométriose. Si les symptômes persistent, demandez quelle suite donner au bilan et au traitement. Conservez les comptes rendus pour la prochaine consultation.
La laparoscopie n’est pas systématique avant de traiter
La laparoscopie, aussi appelée cœlioscopie, est une intervention sous anesthésie permettant d’observer le bassin avec une caméra, de prélever du tissu et parfois de traiter des lésions. Elle peut être proposée selon les symptômes, les examens et la réponse au traitement. Une prise en charge peut commencer sans confirmation chirurgicale préalable.
Choisir un traitement adapté à votre situation
Le choix dépend des douleurs, des effets indésirables possibles, de votre projet de grossesse, du coût et de l’accès aux soins. L’objectif est de réduire les symptômes et leur impact. Aucun traitement ne garantit une guérison définitive.
Les médicaments contre la douleur et les traitements hormonaux
Des antalgiques, dont le paracétamol, ou des anti-inflammatoires peuvent être proposés. Demandez au médecin ou au pharmacien lesquels vous conviennent et comment les utiliser. N’associez pas automatiquement plusieurs médicaments : apportez leurs boîtes ou leurs noms lors de la consultation.
Une pilule hormonale, un progestatif ou un dispositif intra-utérin hormonal peuvent réduire les douleurs chez certaines patientes. Leur choix nécessite une discussion sur les contre-indications, les effets indésirables et le désir de grossesse. Ne commencez pas seule un traitement hormonal pour une suspicion d’endométriose.
La chirurgie : une décision à discuter
Une intervention peut être envisagée lorsque les symptômes restent difficiles à contrôler ou dans certaines situations de fertilité. Demandez quelles lésions seraient traitées, quels bénéfices sont attendus, quels risques existent et quel suivi sera nécessaire. Les formes touchant l’intestin ou la vessie peuvent nécessiter plusieurs spécialités. Des symptômes peuvent réapparaître après une opération.
Avant de décider, préparez vos questions : quelles sont les autres options ? Quels résultats peut-on raisonnablement attendre dans mon cas ? Qui contacter si un problème survient après l’intervention ?
Soulager le quotidien sans promesse de guérison
Pour les crampes menstruelles, une bouillotte enveloppée dans un tissu ou une douche chaude peut apporter du confort. Une marche douce ou une autre activité légère peut être essayée selon votre tolérance. Ces gestes accompagnent les soins sans remplacer le bilan.
Avant de suivre un régime restrictif présenté comme un traitement de l’endométriose, demandez conseil au professionnel qui vous suit. Discutez aussi des compléments, plantes et préparations traditionnelles que vous envisagez ou utilisez déjà. Apportez leur emballage ou notez leur composition lorsqu’elle est connue.
Si la douleur ou l’épuisement affecte votre moral, parlez-en au soignant. Un accompagnement de la douleur, une physiothérapie adaptée ou un soutien psychologique peuvent compléter le traitement selon vos besoins et les ressources accessibles.
Parler du projet de grossesse dès le départ
L’endométriose peut compliquer la conception, mais elle ne signifie pas une infertilité certaine : de nombreuses femmes peuvent concevoir naturellement. Si vous souhaitez une grossesse, dites-le avant le choix du traitement. Les traitements hormonaux contre la douleur ne sont généralement pas proposés pendant les tentatives de grossesse ; plusieurs ont un effet contraceptif pendant leur utilisation.
En cas de difficulté à concevoir, demandez un bilan et une discussion sur les options adaptées. Une consultation précoce ne constitue pas une garantie de grossesse. Avant un déplacement vers un service de fertilité, renseignez-vous sur les documents à apporter, les consultations nécessaires et les coûts annoncés.
Repartir avec un plan de suivi clair
- Consultez pour une douleur qui perturbe votre vie, même si votre entourage la considère comme habituelle.
- Apportez votre journal et vos résultats pour éviter de perdre des informations entre deux consultations.
- Demandez un plan concret : traitement proposé, précautions, objectif et moment de réévaluation.
- Reconsultez si les symptômes persistent ou s’aggravent ; demandez un avis gynécologique si nécessaire.
Votre douleur mérite d’être entendue. Notez avant de repartir la prochaine étape et les signes qui doivent vous faire revenir plus tôt. Le suivi permet d’adapter les soins à vos symptômes, à vos priorités et à votre projet de vie.
Sources et références
Dr. Credo Kilongozi, Médecin directeur au CAMUREL Lubumbashi
