AccueilActualitéSantéGratuité maternité RDC : pourquoi le Haut-Katanga attend toujours ?

Gratuité maternité RDC : pourquoi le Haut-Katanga attend toujours ?

Depuis septembre 2023, la République Démocratique du Congo a instauré une mesure phare en matière de santé publique : la gratuité de la maternité. Initiée par le président Félix Antoine Tshisekedi, cette politique vise à réduire la mortalité maternelle et infantile en supprimant les frais d’accouchement. Mais trois provinces seulement – Kinshasa, le Sud-Kivu, le Kasaï-Oriental et le Kongo-Central – en bénéficient actuellement. Qu’en est-il des autres régions, comme le Haut-Katanga, où des femmes paient encore pour donner la vie ?

Le programme promet une prise en charge intégrale : consultations prénatales, échographies, accouchements (mêmes par césarienne), soins néonatals et vaccinations. Une bouée de sauvetage pour des millières de familles, surtout dans un pays où près de 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Pourtant, à l’hôpital Jason Sendwe de Lubumbashi, le Dr Jean-Jacques Mwileni Kabwita confirme : « Les frais restent à la charge des patients. » Même constat à l’hôpital de Kampemba, où le personnel médical attend toujours les fonds promis.

Comment expliquer ce retard ? Les autorités évoquent des défis logistiques. « L’extension progressive permet de tester le mécanisme de financement », explique un responsable du ministère de la Santé. Mais sur le terrain, cette phase pilote génère des frustrations. À Kinshasa même, seules 45% des structures sanitaires publiques appliqueraient la mesure, selon des sources hospitalières.

Le nerf de la guerre reste le financement. Budget initial : 50 millions de dollars américains, selon le gouvernement. Or, des acteurs de terrain soulignent des retards dans le décaissement. Résultat ? Certains centres manquent de médicaments essentiels ou reportent les consultations post-natales. « Sans fonds réguliers, la gratuité devient un mirage », alerte une sage-femme anonyme de Matadi.

Que faire si vous êtes enceinte dans une province non couverte ? Les spécialistes recommandent de se renseigner auprès des centres de santé partenaires. Certaines ONG complètent localement l’offre publique. Mais la vigilance s’impose : « Ne renoncez surtout pas aux consultations prénatales par manque d’argent », insiste le Dr Ngimbi, gynécologue à Kinshasa.

Cette initiative, si elle parvient à surmonter ses défis actuels, pourrait sauver 8 000 vies par an selon les projections de l’OMS. Un enjeu crucial pour la RDC, où le taux de mortalité maternelle atteint 547 décès pour 100 000 naissances. La balle est désormais dans le camp des décideurs : généraliser le dispositif nécessitera un engagement financier renforcé et une meilleure coordination interprovinciale.

Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net

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