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Nord-Kivu : la reprise minière d’Alphamin Bisie relance Logu malgré une inflation alarmante

La reprise des activités minières de la société Alphamin Bisie Mining dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, souffle un vent d’espoir sur l’économie locale. Deux semaines après la relance des opérations, le centre commercial de Logu, situé dans le groupement Wassa, connaît une revitalisation tangible. Boutiques, pharmacies et services financiers ont rouvert, redonnant vie à un marché longtemps paralysé par les conflits. Mais derrière ce redémarrage en trompe-l’œil se cache une réalité économique en tension.

Le secteur minier, souvent décrit comme le « poumon financier » du Nord-Kivu, contribue à hauteur de 30 % aux revenus locaux selon les estimations des chambres de commerce régionales. Cependant, l’euphorie de la reprise se heurte à une flambée des prix des produits de première nécessité. Le sac de farine de maïs, précédemment vendu à 25 000 francs congolais (12 USD), frôle désormais les 40 000 FC (19 USD). Une inflation attribuée à la fermeture des axes Walikale-Goma et Walikale-Bukavu, verrouillés par l’insécurité liée aux affrontements du M23.

« Nos stocks s’épuisent car les camions ne circulent plus sur les routes à risque », explique un commerçant sous couvert d’anonymat. Seul l’axe Kisangani-Logu reste accessible, mais la dégradation avancée de cette route – seulement 15 % du trajet serait asphalté – triple les délais d’approvisionnement. Résultat : un trajet normal de 72 heures peut désormais prendre trois semaines, selon les transporteurs interrogés.

Cette crise logistique illustre un paradoxe congolais. Alors que les mines génèrent des revenus substantiels – Alphamin Bisie a produit 12 000 tonnes d’étain en 2023 –, seuls 2 % des infrastructures routières de la zone bénéficient d’un entretien régulier. Les opérateurs économiques plaident pour une réhabilitation urgente de l’axe Kisangani-Logu. « Un chantier prioritaire qui réduirait les coûts de transport de 40 % », estime un expert en développement local joint par nos soins.

Malgré ces défis, la population perçoit la mine comme un stabilisateur social. Près de 1 500 emplois directs ont été recréés depuis mi-juin, selon les chiffres officiels. « Le salaire moyen d’un ouvrier minier (150 USD/mois) fait vivre cinq personnes ici », précise un responsable syndical. Une bouée de sauvetage dans une région où le taux de chômage dépasse 65 %.

La situation actuelle pose cependant une question cruciale : comment concilier relance extractive et résilience économique ? Si les autorités provinciales annoncent un plan de sécurisation des routes pour le dernier trimestre 2024, les acteurs locaux réclament des actions immédiates. L’enjeu dépasse la simple fluidité commerciale – il s’agit d’éviter que le Nord-Kivu ne devienne un colosse aux pieds d’argile, riche en ressources mais entravé par ses fractures infrastructurelles.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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