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Massacre à Kabale Katambi : Une famille entière exécutée par des assaillants en tenue militaire

Une nuit de terreur a ensanglanté le village de Kabale Katambi dans le territoire de Nyiragongo. Quatre membres d’une famille ont été exécutés par balles avant que leur maison ne soit réduite en cendres dans la soirée du 11 mai. Les autorités locales évoquent un incendie criminel perpétré par des assaillants en tenue militaire.

Selon des témoignages recueillis, au moins sept habitations ont été pillées par ce groupe armé. La résistance opposée par les victimes aurait provoqué leur fureur meurtrière. « Après avoir forcé l’entrée, ils ont tiré à bout portant avant d’utiliser des combustibles », rapporte une source locale sous couvert d’anonymat. Les corps calcinés n’ont pu être formellement identifiés qu’au petit matin.

Cette tuerie s’inscrit dans une spirale de violences touchant le groupement Rusayo et ses environs. À Turunga, localité voisine, un commerçant a été abattu dans sa boutique le même soir. Goma n’est pas épargnée : un jeune homme a été retrouvé mort à Katoyi, tandis qu’un chauffeur de taxi-moto succombait à ses blessures par balle à Kyeshero après une altercation avec des éléments de l’AFC/M23.

La rébellion maintient son emprise sur la région par un dispositif sécuritaire implacable. Un couvre-feu strict est imposé depuis plusieurs semaines, assorti de fouilles controversées. « Ils contrôlent les axes principaux comme Mugunga-Sake et procèdent à des arrestations arbitraires », dénonce un habitant de Masisi. Lundi matin, des individus présentant des documents d’identité congolais suspects ont été interpellés à Turunga.

Les récentes découvertes d’armes lors de perquisitions alimentent les tensions. Les forces de l’AFC/M23 justifient leurs opérations par la lutte contre « l’infiltration d’éléments étrangers ». Cette affirmation fait écho à l’arrestation de ressortissants rwandais porteurs de pièces d’identité locales, révélée ce lundi par la rébellion elle-même.

Les autorités provinciales restent muettes sur ces événements. Aucun bilan officiel n’a été communiqué concernant les victimes civiles. Les organisations de défense des droits humains s’alarment de cette recrudescence d’exactions, alors que le territoire de Nyiragongo connaît sa pire crise sécuritaire depuis le début de l’année.

Qui sont ces assaillants profitant du chaos institutionnel ? Comment expliquer la multiplication des groupes armés dans les périphéries de Goma ? Les enquêtes promises par les autorités locales tardent à aboutir, laissant les populations dans l’angoisse permanente.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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